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Clara Vasseur : « Le geste d’abord, la forme ensuite »

Dans son atelier lyonnais, la céramiste tourne, émaille et cuit des bols que l’on voudrait garder pour toujours. Elle parle de lenteur, d’erreurs heureuses et de la beauté des objets du quotidien.

Portrait stylisé de Clara Vasseur : chignon, lunettes rondes, chemise corail, devant un grand disque orangé.

Le tour tourne, les mains sont couvertes de barbotine et la radio diffuse un vieux disque de jazz. Clara Vasseur a quitté la communication il y a six ans pour ouvrir son atelier de céramique, au pied de la Croix-Rousse. Ses bols, ses tasses et ses grands plats, d’un blanc crémeux strié de bleu, s’arrachent dans les boutiques de créateurs.

Pourquoi la céramique, après une carrière dans la communication ?

J’avais besoin que mes journées aient une forme palpable. Dans mon ancien métier, je passais mes semaines sur des présentations qui n’existaient que sur un écran. Un soir, j’ai suivi un cours d’initiation par curiosité. Quand j’ai sorti mon premier bol du four, tordu, inégal, mais réel, j’ai su que je ne pourrais plus m’en passer.

Qu’est-ce qui vous plaît dans le travail du tour ?

Son honnêteté. Quand on est stressé, la terre le sent : elle se déforme, elle s’effondre. Il faut se calmer, respirer, accompagner la matière plutôt que la forcer. J’ai appris beaucoup sur moi à travers ça.

Quand on est stressé, la terre le sent. Il faut accompagner la matière plutôt que la forcer.

— Clara Vasseur

Vos pièces sont toutes légèrement différentes. C’est voulu ?

C’est assumé. Je ne cherche pas la perfection industrielle : si je voulais mille bols identiques, je les commanderais en usine. Ce que j’aime, c’est qu’une anse soit un peu plus haute, qu’un émail ait coulé à sa façon. Ce sont ces petites erreurs qui rendent l’objet vivant.

La cuisson réserve-t-elle des surprises ?

Toujours. Le four est le dernier acteur, et il fait ce qu’il veut. Je peux préparer un émail avec le plus grand soin et le voir sortir complètement différent. Parfois c’est une catastrophe, parfois c’est la plus belle pièce de la fournée. J’ai fini par aimer cette part d’inconnu.

Que dire à celles et ceux qui voudraient essayer ?

De s’inscrire à un atelier près de chez eux, de rater beaucoup et de rire de leurs premières pièces. Le plus dur n’est pas la technique, c’est d’accepter d’être débutant. Et puis posséder un bol que l’on a fait soi-même, c’est un plaisir difficile à décrire.

Clara Vasseur ouvre son atelier au public le premier samedi de chaque mois, avec des initiations au tournage pour les curieux.